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Les besoins en matière d'accès Internet haut débit sont loin d'être satisfaits sur l'ensemble du territoire national.  La loi a élargi les compétences des collectivités locales, qui s'engagent à présent dans de multiples projets de réseaux.

Fin 2004, plus de 20 000 communes se situaient dans une zone couverte par le haut débit.  Selon France Télécom, entre 85 % et 90 % de la population française sont en mesure d'accéder à un service DSL (Digital Suscriber Line).  Fin 2005, l'opérateur s'engage à ce que ce taux soit de 95%, conformément aux objectifs du plan gouvernemental Reso 2007.  Mais, ainsi, plus de 15000 communes resteront en zones blanches.

Selon l'Observatoire régional des télécommunications (ORTEL), plusieurs départements parmi lesquels la Creuse, le Lot, le Cantal, la Lozère et les Alpes de Haute Provence avaient fin 2003 un taux de couverture ADSL inférieur à 40 %. Il faut aussi considérer que les réseaux des opérateurs dégroupeurs sont concentrés dans vingt à quarante villes importantes et dans les grandes zones d'activités du pays.  Dans ces zones denses, les tarifs ont été divisés par deux et les débits multipliés par quatre.  Dans les zones grises, un seul opérateur haut débit - France Télécom en général – est présent.  Le marché y est moins dynamique et les offres technologiques innovantes, comme la téléphonie sur IP ou la diffusion audiovisuelle par DSL, risquent d'être absentes ou proposées à des tarifs supérieurs.

Dans son rapport intitulé L'intervention des collectivités locales dans les télécommunications, publié le décembre, l'ART constate: ,il existera probablement deux lignes de clivages entre les territoires: un premier entre les territoires équipés en haut débit et ceux qui ne le sont pas et un second entre les territoires concurrentiels et ceux où France Télécom est seule présente. »


Depuis quelques mois, les actions des collectivités locales pour accélérer la résorption de cette fracture numérique connaissent une montée en puissance.  La loi sur la confiance dans l'économie numérique (LEN), adoptée durant l'été 2004, a considérablement élargi leurs compétences.  L’intervention des collectivités était auparavant limitée à deux types d'actions.  Elles pouvaient créer une infrastructure passive, autrement dit installer des pylônes, des fourreaux et des fibres noires, mais sans équipements (routeurs, multiplexeurs ... ) qui permettent de les activer. Ce dispositif était peu attractif pour les opérateurs, en particulier dans les zones moyennement urbanisées et les zones rurales. Les collectivités locales pouvaient en revanche créer et gérer un réseau de télécommunications actif, mais uniquement dans le cadre d’un groupement fermé d’utilisateurs (GFU) afin de répondre aux besoins de leurs administrations ou ceux d’autres organismes public. Ce réseau ne pouvait pas être étendu pour desservir des entreprises ou des particuliers.


A présent la LEN permet aux collectivités de vendre aux opérateurs de la bande passante. Lorsque les initiatives privées sont insuffisantes, elles sont autorisées à commercialiser les services aux utilisateurs. En novembre 2004, l’AVICAA (association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel, anciennement AVICAM) répertoriait 24 réseaux d’initiative publique ouverts aux opérateurs et plus de 50 en projet ou déjà en travaux. « Pour les trois à cinq prochaines années l’investissement public pourrait  égaler l’investissement privé réalisé entre 1996 et 2001 » estime Stéphane Lelux 1 , le directeur du cabinet d’étude Tactis et co-auteur du rapport annuel de l’ORTEL. Il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences des interventions des collectivités locales sur le fonctionnement du marché. Certaines collectivités privilégient la couverture de leur territoire en haut débit et la résorption des zones blanches. D’autres comme Pau ou Bordeaux souhaitent avant tout accroître la compétitivité du territoire. Les collectivités agissent aussi pour engendrer une concurrence locale des opérateurs.



Les trois-quarts de la population française ont aujourd'hui accès à l'Internet haut débit par le biais de l’ADSL.  Cependant, il reste des communes qui sont exclues des plans de déploiement des opérateurs de télécommunication.  Pour pallier cette absence, les collectivités locales situées dans une zone d'ombre peuvent opter pour une solution alternative le couplage satellite/ Wi-Fi.

Internet haut débit est entré dans les foyers via l'ADSL.  Aujourd'hui, plus de 80 % de la population française est desservie par cette technologie et peut ainsi surfer rapidement sur le Web.  Mais jusqu'à présent, il y avait les oubliés du haut débit, à savoir les 20% restants.  Parmi eux, on retrouve 10 millions de particuliers, ainsi que 10 millions de PME et sites de grandes entreprises implantés dans des zones de faible concentration géographique pour lesquelles l'ADSL ne trouve pas sa rentabilité économique.  Cela représente 100 à 150 communes par département.  Maintenant, ces « délaissés » de l'ADSL ont une solution : le couplage satellite/Wi-Fi.  Dans les collectivités locales à faible densité géographique ou au relief accidenté, il se révèle être le meilleur complément aux réseaux terrestres. Économiquement, il s'agit du moyen le plus rentable. En pratique, c'est le seul disponible immédiatement pour combler les zones d'ombres.


Plus d'une quarantaine de communes ont donc choisi de s'équiper en faisant appel à des opérateurs régionaux comme Infosat,  Coin IP, Divona, Aramiska, ou encore EComsat.  Ce sont des partenaires d'Eutelsat qui lui achètent une capacité sur le satellite pour la commercialiser ensuite. Le 16 novembre, France Télécom a lancé son offre « Pack Surf Wi-Fi » et deux communes ont déjà opté pour elle.  Il s'agit de Rieutort-de -Randon en Lozère et de Saint Mamet dans le Cantal.  Pour France Télécom comme pour les autres opérateurs, l'objectif est de proposer aux administrés des tarifs d'abonnement comparables à ceux de l'ADSL.  Par exemple, Infosat et E Comsat présentent un service à 35 euros pour un débit descendant de 1024 K/bits.  De son côté, France Télécom a deux offres, une à 19,90 euros pour du 128 K/bits et une autre à 25,90 euros pour 512 K/bits. Mais avant de s'abonner, il faut que le village s'équipe pour recevoir du haut débit par satellite. C'est le maire de la commune qui prend la décision, après avoir vérifié que l'ADSL n'est pas prévu pour les années à venir et après consultation du Conseil Municipal.


Les frais d'installation sont pris en charge par la collectivité locale. Celle-ci peut demander une aide financière au Conseil général ou régional pour alléger ses dépenses. L'infrastructure complète d'un village coûte en moyenne 40000 euros. Avant de mettre en place le réseau, l'élu doit contacter un opérateur qui vient faire une étude radio préalable.  Ainsi, cela permet d'évaluer les dépenses à prévoir pour le village.  Le maire prend sa décision à partir du devis.  Si elle est positive, les travaux peuvent commencer et l'opérateur sélectionné orchestre le déploiement.  Une fois la liaison satellite installée, il faut mettre en place un réseau Wi-Fi externe dans la commune. Cette opération dure environ trois jours et consiste à placer des antennes omnidirectionnelles sur des points hauts pour arroser tout le village.  Ensuite, il suffit aux particuliers qui souhaitent bénéficier d'Internet haut débit d'installer une petite antenne extérieure sur leur maison.  Celle-ci reçoit et émet des données vers le réseau Wi-Fi de la commune. À l'intérieur, un modem connexion à l'ordinateur, relié filairement à l'antenne, fait la liaison entre les deux. Dehors, la technologie Wi-Fi assure l'acheminement des données entre les utilisateurs finaux et les pylônes chargés de transmettre les données vers le point d'émission/réception satellite.


Le coût du débit par satellite serait-il trop élevé ? Pour équiper une collectivité locale d’une infrastructure complète (satellite+Wi-Fi), il faut compter en moyenne 40000 euros. Pour être aidée financièrement, la commune a la possibilité de faire appel au Conseil général Les habitants peuvent également contribuer en versant un impôt télécoms. Le village doit ensuite amortir son investissement.  Pour cela, il faut convaincre une cinquantaine de personnes de s'abonner pendant une durée de 18 mois à deux ans à un forfait de 35 euros.

Second blocage : la population de certaines de ces communes ne se sent que peu concernée par Internet haut débit.  En effet, elle est plutôt en attente d'une couverture GSM, par exemple. Enfin il semblerait que l'assistance technique pour les habitants ne soit pas toujours au point. Malgré ces contraintes, les opérateurs doivent trouver des clients, convaincre les collectivités en zone blanche qu'elles n'ont pas d'autres solutions.


Ces information sont extraites du n° 182 de Télé Satellite & Digitale de janvier 2005  http://www.telesatellite.com/ et du n° 185 de Antennes de janvier 2005 http://www.antennes-mag.com/


 
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